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Voici qu'imperceptiblement
S'embrase l'air d'un souffle d'or,
Alors je sens l'instant venu.
L'azur est dur, intense et pur,
Son haleine a pris ses murmures
Dans les soupirs bleus d'un glacier.
Je cours au devant des collines,
Où de ces courbes de guarrigue,
Parmi le vert de la bruyère,
Pointent des blancheurs acérées.
Sous la douce lueur cuivrée
Où devient l'ombre un peu plus brune,
Mon pas gravit la fine sente
Au flanc de cette pente aimée,
Jusqu'à m'asseoir au plus haut roc,
Sous ces rafales emportées,
Qui inlassables de caresses,
Ont usé le bout des sommets.
Et j'étends mon regard au loin
Vers le gigantesque horizon,
Où quelques dentelles bouffantes
D'un délicat lit de nuage
Pendent au dessus de la mer.
J'assiste au couchant du Soleil,
posant la rouge incandescence
De sa magnifique couronne,
Tandis qu'à travers la lumière
S'élève le vol d'un faucon.
Lentement pour mon être infime,
Je vis le coucher de la Terre
Car je me détourne avec elle,
Contre son sein, vers les ténèbres.
Alors dans l'air à nouveau bleu,
Je m'élance au long des chemins
Pour m'absorber dans l'harmonie
Que chaque couleur aiguisée
Exacerbe dans les contours.
Et juste au sortir d'un virage,
Je rencontre au ciel indigo,
Comme émanant d'un blanc rocher,
Le disque parfait de la Lune.
Elle est dans toute sa rondeur
Pleine de la lumière ardente
De ce jour qui s'est retiré,
Elle est de toute sa présence
Celle qui berce dans sa ronde
La danse et la beauté du monde.
Tandis que la nuit sous mes pas
Efface le bord des sentiers,
Je redescends vers la vallée
Avec l'amour à fleur de coeur...
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